Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 15:14

LE MONDE | 23.11.2015 à 06h41 • Mis à jour le 23.11.2015 à 06h44 | Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)

Pour soutenir sa croissance, qui a déjà dépassé celle de la Chine cette année, l’Inde va connaître la plus forte hausse de consommation d’énergie dans le monde au cours des prochaines décennies. Si, comme l’a déclaré Prakash Javadekar, le ministre indien de l’environnement, « l’Inde ne fait partie du problème », elle pourrait bientôt le devenir. Elle est déjà le troisième émetteur de gaz à effet de serre de la planète, alors que 363 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté et 240 millions n’ont pas accès à l’électricité. Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 67 % entre 1990 et 2012, et si rien n’est fait pour changer le modèle de développement indien, elles devraient presque doubler d’ici à 2030.

Comment réconcilier les impératifs de développement et de lutte contre le changement climatique ? L’Inde mise sur l’expansion des énergies propres, tout en réclamant une aide financière et technologique de la part des pays développés. Dans sa contribution au réchauffement climatique rendue le 1er octobre, New Delhi a promis d’augmenter la part des sources d’énergies non fossiles à hauteur de 40 % de sa production d’électricité d’ici à 2030.

Les efforts se concentrent sur le solaire, avec comme objectif de parvenir à une production de 100 GW d’ici 2022, soit 25 fois sa capacité d‘aujourd’hui. L’Inde détient quelques atouts, comme un tarif électrique déjà élevé, notamment pour les industries, qui rend l’énergie solaire compétitive, et un marché potentiel considérable grâce à un taux élevé d’ensoleillement.

Justice climatique

« Les objectifs sont très élevés mais le gouvernement a voulu envoyer un signal en direction des investisseurs sur le potentiel du marché », estime Arunabha Ghosh, le directeur du Conseil sur l’énergie, l’environnement et l’eau (CEEW), un think-tank basé à New Delhi. Le premier ministre indien Narendra Modi a d’ailleurs annoncé, lors du sommet Inde-Afrique qui s’est tenu dans la capitale indienne fin octobre, la création d’une grande alliance solaire regroupant plus de 100 pays, d’où la ville compte bien émerger comme la capitale mondiale des énergies renouvelables. En affichant des ambitions élevées et les solutions pour y parvenir, l’Inde entend ainsi démontrer sa sincérité dans son combat contre le changement climatique. Encore faut-il les financer. C’est sur ce point que New Delhi en appelle à la responsabilité des pays développés.

Pour mettre les pays riches en face de leurs responsabilités, M. Modi redéfinit la nature de la menace. « On doit passer d’un discours sur le changement climatique à celui sur la justice climatique », a-t-il déclaré début septembre. Si les pays développés ont une responsabilité historique dans la situation actuelle, comme le rappellent sans cesse les négociateurs indiens, les pays les moins riches sont parmi les plus vulnérables, à l’instar de l’Inde.

Avec le réchauffement des températures, les précipitations pendant la mousson seront plus abondantes et de courte durée, mettant en danger la production agricole du pays, la fonte des glaciers de l’Himalaya aggravera les risques de crue dans la plaine du Gange, et les cyclones seront plus nombreux à balayer la côte est du pays. Les pauvres en subiront les conséquences les plus dramatiques parce qu’ils n’ont pas les ressources suffisantes pour s’adapter ou reconstruire leur vie après une catastrophe naturelle et qu’ils vivent sur des terres les moins chères, donc plus exposées. « Le réchauffement climatique complique les efforts pour lutter contre la pauvreté », a reconnu en février la Banque mondiale. Les coûts du réchauffement seront sociaux, économiques et environnementaux. L’Inde évalue ces pertes à 1,8 % de son PIB annuel jusqu’en 2050.

Malgré ses ambitions élevées dans les énergies renouvelables, l’Inde n’est pas prête à sacrifier sa consommation de charbon, l’une des sources de production d’électricité les plus économiques, qui devrait doubler d’ici à 2035. Tout juste promet-elle d’utiliser des technologies propres dans ses centrales à charbon. Comme l’a reconnu Ashok Lavasa, l’un des négociateurs indiens sur le climat, dans le quotidien Indien Business Standard le 4 novembre : « La priorité de l’Inde est celle du développement. »

Partager cet article

Repost 0
Published by Les-Portes-de-l-Inde
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les Portes de l'Inde en Midi Pyrénées
  •  Les Portes de l'Inde en Midi Pyrénées
  • : Réseau artistique et culturel INDE en Midi Pyrénées Propose une photographie du paysage des associations, professionnels et amateurs en lien avec l'Inde. Création d'actions communes
  • Contact

Profil

  • Les-Portes-de-l-Inde
  • Le réseau culturel et artistique" Les Portes de l’Inde" regroupe des membres dont l'ambition est de préserver, protéger et promouvoir le patrimoine culturel, artistique et historique de l’Inde en Midi-Pyrénées.
  • Le réseau culturel et artistique" Les Portes de l’Inde" regroupe des membres dont l'ambition est de préserver, protéger et promouvoir le patrimoine culturel, artistique et historique de l’Inde en Midi-Pyrénées.