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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 10:28

Des dizaines de milliers d’Indiens, parmi les plus pauvres du pays, ont entamé depuis une semaine une "marche pour la justice" de 350 km vers New Delhi. Ils entendent dénoncer leur mise à l’écart du développement économique et faire valoir leurs droits au partage des terres et des ressources du pays.

Voici plus d’une semaine que plusieurs dizaines de milliers de sans-terres et « laissés pour compte » indiens (les paysans sans terre, les pêcheurs, les intouchables, les chômeurs, les journaliers etc….) ont débuté une marche pour la Justice de 350 km de long (voir carte en "attaché"). Les participants à cette manifestation pacifique intitulée « Jan Satyagraha, en Hindi, « la force de vérité du peuple », traverseront 5 Etats (le Madhya Pradesh, le Rajhastan, l’Uttar Pradesh, l’Haryana et Delhi). Partis de Gwalior dans le Madhya Pradesh, le 3 octobre, les marcheurs vers lesquels convergent d’autres participants venus de tous les Etats de l’Inde, devraient arriver à New Delhi d’ici la fin du mois et totaliser quelque 100.000 personnes selon les espérances des organisateurs.

La foule des marcheurs rassemble, hommes, femmes et enfants, qui, drapeaux verts (symbole de prospérité) et blancs (symbole de paix) à la main, avancent au rythme des tambours et des chants. Leurs revendications portent non seulement sur la nécessité de réformes agraires et du partage des ressources mais aussi sur la mise en place d’institutions pour les mettre en application.

Cette grande manifestation est inspirée de la Marche du Sel, menée par Gandhi en 1930 et a été initiée par le mouvement indien des paysans sans-terre, Ekta Parishad (« forum de l’unité » en Hindi). Ce groupement populaire créé en 1991 par PV Rajagopal agit selon le principe gandhien d’action non-violente et milite afin d’aider le peuple indien à mieux contrôler les ressources naturelles qui lui permettent de subsister (eau, terre et forêts). Deux mille autres organisations se sont jointes à cette action pour défendre les droits et revendications de tous les « plus démunis » en Inde. Ekta Parishad dénonce le fait que le Gouvernement force la population rurale à quitter ses terres et se défaire de ses biens au nom de l’industrie minière, de la protection de la nature et du développement des infrastructures.

Alors que l’Inde est en plein essor économique, 73% de la population vit encore en zone rurale et dépend de l’agriculture familiale pour subsister. Depuis les années 90, les paysans font cependant face à une continuelle chute de leurs revenus agricoles, ils sont sur-endettés et leur misère ne fait que croître. C’est dans cette situation désespérante que les suicides des fermiers criblés de dettes se sont multipliés. On estime que plus de 210.000 d’entre-eux se sont suicidés au cours des 13 dernières années. Selon un rapport du Centre des Droits Humains et de la Justice de l’Université de New York, un paysan indien se suicide toutes les 30 minutes !Les principaux facteurs ayant contribué à dégradation de la situation des paysans indiens sont les suivants :

- le désengagement du Gouvernement indien du secteur agricole (diminution des
investissements, des subsides et des crédits aux paysans. Non développement
de systèmes d’irrigation efficaces).
- L’ouverture du marché agricole indien aux multinationales qui rendent les
paysans encore plus vulnérables de par la compétition sans pitié.
- L’industrialisation croissante de l’Inde qui entraîne la vente des terres
cultivables au détriment des fermiers.

En octobre 2007, Ekta Parishad, avait organisé une marche Janadesh (signifie « le verdict du peuple ») ayant rassemblé 25.000 Participants durant 27 jours à l’issue de laquelle un Comité National pour la Réforme Agraire fut établi par le Gouvernement . Cinq ans plus tard, les organisateurs dénoncent le fait que rien n’a changé et qu’un nombre toujours croissant de personnes sont déplacées après avoir reçu une faible compensation du Gouvernement et la promesse de recevoir des avantages qui n’arrivent jamais.

Depuis le début de la marche, PV Rajagopal est en discussion avec différents Ministres indiens, notamment le Premier Ministre Mohaman Singh, mais également avec les principales entreprises à l’origine des confiscations de terres.
Même s’il est difficile de faire marche arrière par rapport au développement économique rapide de l’Inde, la mobilisation de ces dizaines de milliers de démunis nous rappelle que, seule une politique agraire et de développement rural durable, ainsi que l’accès à l’éducation, permettront aux « laissés pour compte » de sortir du seuil de pauvreté.

 

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Published by Les-Portes-de-l-Inde - dans Actualité
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