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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 17:41
Par Marie-France Calle le  27 janvier 2013 14h40  
 
Interdit dans l'état du Tamil Nadu et à Puducherry, le film de Kamal Haasan "Vishwaroopam" ("Vishwaroop" pour la version en hindi) a été également censuré jusqu'à aujourd'hui au Karnataka, en Andra Pradesh et partiellement au Kerala. A l'étranger, il a été retiré des salles au Sri Lanka et en Malaisie. La raison ? Plusieurs groupes musulmans trouvent que Haasan montre l'islam sous un jour peu flatteur. 
 
C'est un film d'action et d'espionnage, s'inspirant des tragiques attentats du 11 septembre 2001 à New York. Un de ces longs métrages en 3D où les effets spéciaux l'emportent sur les longues scènes dansées et chantées, ce qui est plutôt rare dans le cinéma indien. Justement, ont fait valoir plusieurs organisations musulmanes de Chennai (Madras), de Madurai et d'ailleurs, il n'y a rien de romantique, rien de romancé dans ce film qui ressemble du coup à un documentaire, se plaignent-ils. Bref, le terrorisme en direct, orchestré par des groupuscules islamistes, plus vrai que nature. Insupportable à leurs yeux. Et d'en tirer la conclusion hâtive que le réalisateur avait voulu diaboliser l'islam et que "Vishwaroopam" faisait de tous les musulmans des terroristes.   
 
Forts de cette conviction, ils ont demandé purement et simplement l'interdiction du film et l'ont obtenue... pour 15 jours. Les autorités pensent-elles que les esprits vont se calmer une fois ce délai passé ? Samedi, un juge a visionné en privé le long métrage. Il devrait rendre son verdict lundi 28 janvier. Dans le Territoire de Puducherry, une délégation de musulmans en colère a soumis vendredi une pétition à un responsable local et le film a été aussitôt retiré des programmes. Redoutant des manifestations, voire des éruptions de violence, Bangalore (Karnataka), puis Hyderabad (Andra Pradesh) ont à leur tour interdit "Vishwaroopam". Le Karnataka a levé la punition ce dimanche, avec un succès mitigé. Le Kerala, qui n'avait pas bougé, a dû faire marche arrière dans plusie urs villes où des musulmans ont envahi les salles de cinéma qui projetaient le film. Des heurts ont notamment eu lieu à Ernakulam (district de Cochin). Enfin, la Malaisie et le Sri Lanka ont, eux aussi, retiré le film de Haasan des salles par mesure de précaution. 
 
La super-production de Kamal Haasan doit sortir à Delhi le 1er février et pour l'heure, rien à signaler dans la capitale. Dans le même temps, elle sera diffusée aux Etats-Unis, au Canada et dans plusieurs pays d'Europe. Si c'est le sud de l'Inde qui s'est enflammé c'est d'abord parce que Kamal Haasan est un enfant du pays. Véritable star du Kollywood, le cinéma de Chennai, Haasan a tourné son film simultanément en tamoul, telugu (la langue de l'Andra Pradesh) et en hindi. Acteur de renom, il tient le rôle principal dans "Veshwaroopam". Le tournage n'a pas été facile. Kamal Haasan s'est d'abord vu refuser l'autorisation des Etats-Unis, où il avait prévu de tourner une grande partie du film. Il est donc allé au Canada. Nombre de scènes se déroulant en Afghanistan ont été filmées à Chennai même, dans des décors montés de toutes pièces et où des étrangers déguisés en soldats américains ont joué les figurants. D'autres scènes ont été filmées en Jordanie, puis finalement aux Etats-Unis.
 
On imagine mal voir Kamal Haasan renoncer à un film qui a coûté tant d'argent et d'énergie. Afin d'éviter le bras de fer avec les organisations musulmanes, il avait invité leurs leaders à visionner son oeuvre en avant-première. Loin d'être convaincus, ces derniers ont redoublé de véhémence. Dénonçant un "terrorisme culturel, Haasan a décidé de saisir la justice à son tour. "Je suis touché par tous les témoignages de sympathie que j'ai reçu, mais en même temps, je suis consterné que certains puissent voir dans mon film un acte contre mes frères musulmans", a-t-il déclaré dans une lettre de Los Angeles où il se trouve actuellement. Rappelant qu'il s'était toujours engagé en faveur du respect des droits des musulmans en Inde, l 'acteur-réalisateur a ajouté : "J'ai été utilisé sans vergogne à des fins politiques par de petits groupes qui cherchent à se profiler (...) Tout musulman neutre et patriote sera certainement fier en voyant mon film. C'est à cette fin que je l'ai réalisé"
 
"Vishwaroopam" met en scène un djihadiste afghan du nom d'Omar, étroitement lié à al-Qaïda. Avec Salim, un autre militant, ils projettent d'attaquer New-York en y larguant une bombe au césium. Ils sont à la tête d'une multinationale terroriste. A l'autre bout de la chaîne, Vishwanath dit Wiz est professeur de kathak (danse indienne) dans le New Jersey. En fait, loin d'être un danseur hindou, Wiz est un musulman appartenant aux services du renseignement indien, la RAW. 

http://blog.lefigaro.fr/inde/2013/01/des-musulmans-obtiennent-linte.html

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Published by Les-Portes-de-l-Inde - dans Actualité
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