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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:56
LE MONDE | 28.01.2014 à 11h37 | Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)
 
C'est un triste record que détiendrait l'Inde. Depuis dix ans, la pollution atmosphérique y progresse au point de dépasser aujourd'hui les niveaux d'« airpocalypse » mesurés en Chine. Avec 620 000 morts par an, le pays enregistre ainsi le taux de mortalité liée à des maladies respiratoires le plus élevé au monde.

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A New Delhi, comme dans toutes les mégapoles indiennes,le trafic automobile s'intensifie à vitesse grand V. Il se vend près de 1 400 véhicules chaque jour, qui viennent s'ajouter aux 4 millions déjà en circulation dans la capitale. 72 % de la pollution atmosphérique de la capitale sont dus à la circulation automobile. | AFP/PRAKASH SINGH

Si plusieurs villes sont touchées – Calcutta, Bombay et Bangalore –, c'est à New Delhi que la situation est la plus préoccupante. L'air de la capitale indienne serait désormais plus nocif que celui de Pékin. « Nous assistons à une recrudescence de patients souffrant de troubles cardio-vasculaires ou respiratoires », s'inquiète J. N. Pande, un pneumologue installé dans la capitale indienne.
L'air de Delhi est particulièrement dangereux pendant l'hiver. « A cette saison, il n'y a pas de vent pour chasser les fines particules qui se concentrent sous l'effet des basses températures », explique Anumita Roychowdhury, la directrice exécutive du Centre pour la science et l'environnement (CSE). Depuis le début de l'année, les concentrations de fines particules PM2,5, particulièrement nocives, seraient jusqu'à 25 fois supérieures à la limite recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon les chiffres avancés par le New York Times du 25 janvier.
La pollution atmosphérique frappe d'abord les plus pauvres, pour qui les soins coûtent trop cher, et dont le système immunitaire est souvent déficient en raison de la malnutrition. A cela s'ajoute, pour les plus démunis, la pollution de l'air intérieur, comme la combustion du bois utilisé pour la cuisson, qui augmente les risques de mortalité.
AUCUNE INFORMATION PUBLIQUE SUR LES RISQUES POUR LA SANTÉ
En dépit de ces alertes répétées sur la santé publique, la pollution inquiète bien moins en Inde qu'en Chine. Le sujet ne soulève pas la même indignation que les affaires de corruption et se fait discret dans les pages des journaux. Lorsqu'un nuage de pollution s'abat sur Delhi, on se plaint davantage des embouteillages ou du retard des avions.
Le gouvernement s'est pourtant efforcé, ces dernières années, d'améliorer la mesure de la qualité de l'air. « Les chiffres sont disponibles sur Internet, mais le public ne comprend pas ce qu'ils signifient, et ils ne sont accompagnés d'aucune information sur les risques pour la santé », regrette Anumita Roychowdhury.
Une étude menée en 2011 par l'Institut national Chittaranjan de recherche sur le cancer révèle que le tiers des enfants de Delhi souffre de problèmes respiratoires, de troubles de la concentration et de carences en vitamine D à cause de la pollution atmosphérique, classée en 2013 par l'OMS comme « cancérogène avéré pour l'homme».
Avec près de 1 400 véhicules vendus chaque jour, qui s'ajoutent aux 4 millions déjà en circulation dans la capitale, le trafic est à l'origine de 72 % de la pollution atmosphérique de la capitale, selon le ministère indien de l'environnement et des forêts. En 2001, la pollution avait diminué à Delhi après que la Cour suprême a ordonné la mise en circulation dans la ville d'une flotte de bus, de taxis et de rickshaws roulant au gaz naturel comprimé. Mais ce répit fut de courte durée. L'automobile est un symbole de prospérité très courtisé. Malgré une hausse de la pollution, aucune mesure visant à réduire le trafic, même en cas de pic de pollution, n'est donc envisagée par les autorités.
Les usines polluantes ont, elles, été déplacées loin de la capitale et, parmi les trois centrales thermiques qui alimentent la ville en électricité, il n'y en a plus qu'une qui fonctionne au charbon.
Pour autant, la politique de l'environnement n'est pas une priorité. En décembre 2013, Malathi Moily, le ministre indien de l'énergie et des produits pétroliers, a hérité du portefeuille de l'environnement sans que cela suscite la moindre réaction dans le pays.
 

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Published by Les-Portes-de-l-Inde - dans Actualité
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