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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 08:44

 

Lundi 4 juin 2012 17h32
VENDREDI 15 JUIN 2012

Université de Toulouse Le Mirail
Maison de la Recherche - Salle OBM4 (en face la MDR)

 

Journée d'études du programme Erasmus-Mundus EUROPHILOSOPHIE
avec le LISST-Centre d'Anthropologie Sociale (EHESS-CNRS-UTM)


PROGRAMME



9.30 Guillaume SIBERTIN BLANC et Livio BONI :
« La ville asiatique : Efficacité et limites d’un fantasme (La Ville inconsciente IV) »

11.00 Djallal HEUZE :
« Mumbai ville coloniale, ville moderne »


Lunch

14.00 Marie-Caroline SAGLIO-YATZIMIRSKY:
« Mumbai, 'ville moderne' : légitimité et citoyenneté des slum dwellers ».


14.45 Marine CARRIN :
« Les Adivasis dans les villes indiennes et leurs stratégies d’assertion identitaire ».


15.30 Harald TAMBS-LYCHE :
« Communautés et Cosmopolitanisme dans la Cité indienne »


Discussion générale

RESUMES

Guillaume Sibertin-Blanc et Livio Boni

LA VILLE ASIATIQUE: EFFICACITE' ET LIMITES D'UN FANTASME (La Ville inconsciente IV)

Cette intervention se propose un double but: d'un coté interroger le statut épistemique de la catégorie de "ville asiatique" depuis Weber jusqu'à Deleuze-Guattari, en passant par Wittfogel, la querelle marxiste sur le "mode de production asiatique" et Braudel. Au cours de cette archéologie critique il apparaîtra un versant fantasmatique de cette même
catégorie, que Deleuze et Guattari tenteront de prendre en compte, sans le couper de l'économie politique, via la notion d'Urstaat. D'un autre coté, à partir des suggestions contemporaines venant de la géographie et des cultural studies, nous verrons en quel sens une approche "post-coloniale" permet une déconstruction de cette même catégorie de "ville
asiatique".

Djallal Heuzé

MUMBAI, VILLE COLONIALE , VILLE MODERNE
Ce titre ne met pas en scène une acceptation mais une critique radicale du concept de modernité.
Mumbai est née comme objet colonial intégral en 1661. Le comptoir colonial qui est devenu en plusieurs phases une mégapole indienne s'est développé dans le cadre d'une colonisation de l'espace, avec création de lieux séparés et hiérarchisés. Les agents de colonisation ont été divers et assez rapidement sont apparus des agents locaux. Cette situation s'est révélée durable. La ville vit toujours sous la domination intellectuelle des maîtres coloniaux (par le biais des cabinets de consultants Mac Kinsey notamment) et les élites compradores du XIXe siècle sont toujours postés en situation d'éminence. La ville a commencé sa saga moderne en 1867, quand elle s'est vue décerner le titre de première cité de l'Inde et peu après le thème de la cité cosmopolite a fait son entrée sur la scène. La représentation d'une ville ouverte à tous et dominée par des élites éclairées (cela ne comprenant pas le volet social) reste comme un leitmotiv qui perpétuer les temps coloniaux. Entre l'indépendance et le début des années 1980, cette construction d'image a subi des agressions (mouvement pour l'unité du Maharashtra, création de la Shiv Sena, grèves, migrations importantes, bidonvilles). Elle s'est vue réaffirmée après l'échec de la grève textile (1983) et le recours de plus en plus massif aux expulsions. Une forte poussée immobilière, le développement de la criminalisation ont accompagné la transformation de l'image de la ville, devenue une cité monde et par ailleurs une ville imaginaire proposée en pâture à tous les Indiens. Je discuterai plus en détail des choses à ce niveau.

Marie-Caroline Saglio-Yatziminsky

MUMBAI, « VILLE MODERNE » , LÉGITIMITÉ ET CITOYENNETÉ DES SLUM-DWELLERS
Mumbai, ville « moderne », « métropole globalisée post-industrielle », est une ville facturée. Dans un contexte historique de migration et de pauvreté aux enjeux politisés, les habitants des bidonvilles (slum dwellers) –qui comptent pour la moitié de ses 14 millions d’habitants- ne sont pas reconnus comme citoyens légitimes, encore moins légaux. La « modernité de Mumbai » tiendrait dans cette fracture sociale, économique et spatiale, renforcée par les derniers projets d’aménagement, et qui exclut une partie de la population, dite non citoyenne. Pourtant, si la ville actuelle n’a pas été pensée par ses élites (P. Chatterjee) et semble avoir été débordée par ses « pauvres », ceux-là se sont affirmés comme des acteurs, non seulement en tant qu’électeurs représentant une force politique considérable, mais aussi comme habitants revendiquant leur « droit à la ville » et une autre forme de « citadinité ». En posant la question de leur appropriation de l’espace de Mumbai en même temps que de ses « fables » (G. Prakash), on comprend leur rôle d’acteur au premier plan de la vie politique et culturelle de la cité.
À ce titre, le cas de Dharavi, bidonville de 800 000 personnes au centre de Mumbai, est exemplaire: au cours d'un récent processus de mobilisation et d’affirmation, les slum dwellers émergent comme acteurs de la société civile et proposent une autre forme de vivre la ville, articulée sur des conceptions et des pratiques de l’espace urbain ancrées dans l’histoire des communautés.

Marine Carrin :

À L’OMBRE DES HAUTS FOURNAUX DE JAMSHEDPUR : LE CLUB DES ECRIVAINS SANTAL
L’affirmation de la présence adivasi (tribale) dans les villes indiennes relève-t-elle d’un mode mineur d’assertion sociale ou peut-elle contribuer à inventer en Inde, une citoyenneté alternative ? Les Adivasis ont été employés dans les villes indiennes depuis la seconde moitié du dix-neuvième siècle et pourtant nous savons peu de chose sur la façon dont ils ont vécu la pression de l’industrialisation. Fondée en 1919, autour de la création d’un complexe sidérurgique, Jamshedpur est une ville planifiée et administrée par les Tata, l’une des dynasties capitalistes de l’Inde. La ville a suscité l’essor du syndicalisme indien et les droits des travailleurs y ont été mieux protégés qu’ailleurs, en dépit des grèves marquantes de 1934 et 1938. Plus tard, en 1964 et 1973 l’histoire de Jamshedpur a été traversée par des affrontements communautaires. L’identité adivasi s’est affirmée durant les années de luttes qui ont jalonné le mouvement du Jharkhand qui a abouti à la formation d’un Etat du même nom en 2000. Je partirai des écrivains santal de Jamshedpur, souvent issus de la classe ouvrière, mais fortement attachés au monde rural et à Ranchi la capitale du Jharkhand, pour montrer comment ils entendent désormais marquer leur engagement dans la ville.

Harald Tambs-Lyche :

AHMEDABAD : COMMUNAUTE ET COSMOPOLITANISME DANS LA CITE INDIENNE
La ville orientale est-elle vraiment différente de sa contrepartie occidentale ? En prenant pour exemple Ahmedabad, ancienne capitale islamique, je vais esquisser l’histoire et la position de sa bourgeoisie, la classe qui va, à la fin de 19° siècle, faire de cette ville l’un des fleurons de l’industrie indienne. Connue pendant des siècles pour sa tolérance religieuse, Ahmedabad va devenir le quartier général de Gandhi pendant la lutte pour l’indépendance, et les observateurs y voient l’exemple d’une ville traditionnelle qui a su, sans heurts, s’adapter à la modernité. Mais depuis une trentaine d’années Ahmedabad a connu des véritables massacres interethniques, dont la communauté musulmane est la cible. Comment peut-on comprendre ces transformations récentes, et en quel sens sont-elles typiques de la situation postcoloniale ?

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Published by La-Porte-de-l-Inde - dans Culture
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